Textile et santé : les « Experts : Mulhouse » ont le cœur à l’ouvrage

Publié le par mandy et catherine

Extrait d'un article L ALSACE.fr - 15..01.09

Le textile peut nuire gravement à la santé. C’était avant… l’Institut français du textile-habillement de Mulhouse (IFTH).

Peluches, sièges de voitures, linge de maison, chemises… : au 25 de la rue Alfred Werner, à Mulhouse, on dépiaute tout ce qui est textile pour débusquer les éventuelles substances dangereuses. On procède façon police scientifique à la télé. Les « Experts : Mulhouse ». « À ceci près, corrige François Litty, le patron de la direction Est de l’Institut français du textile-habillement, que nous n’avons pas un rôle de gendarme ; nous ne sommes pas la direction des fraudes : les gens viennent nous voir de leur plein gré ».
Les gens ? La grande distribution, surtout. Première concernée par la nouvelle réglementation européenne Reach sur la sécurisation des risques chimiques, elle a tout intérêt à jouer franc jeu en commercialisant des produits « sûrs » dont elle a pu vérifier la traçabilité. Une démarche coûteuse mais incontournable, dans la mesure où c’est désormais au vendeur de faire la preuve des vertus du bien vendu et non au consommateur d’en prouver la dangerosité.

Renversement de la charge de la preuve

Révolutionnaire, ce renversement de la charge de la preuve l’est à double titre : protection du consommateur et moralisation du marché dans un contexte de mondialisation des échanges favorisant les abus. En attestent, le récent épisode des fauteuils gratteurs de Conforama et le scandale des jouets toxiques, deux exemples parmi d’autres d’un "Made in China" cristallisant les peurs.
« En fait, résume Daniel Fues, responsable de la plate-forme santé et sécurité exploitée par l’IFTH depuis 2007, le principe de précaution joue de plus en plus. Ne serait-ce que pour des raisons d’image. Notre activité a doublé en 2008. » Peu ou prou 10 000 analyses l’an dernier et une équipe plus que doublée en deux ans, sept personnes actuellement, bientôt huit, et probablement davantage ces prochains mois même si l’IFTH, expert, conseil et formateur Reach, sait que l’expertise aiguise les convoitises et que ce marché va croître et prospérer, y compris à la source, là d’où viennent les produits à base de textiles divers.

900 000 euros sur trois ans

Pour l’heure, François Litty et son équipe consolident jour après jour leur position sur le marché français. Jouant sur son passé d’ennoblisseur et arguant d’une solide expérience dans l’analyse des rejets et des procédés de l’industrie textile, le centre technique de Mulhouse s’est imposé comme lieu d’accueil tout naturel de la plate-forme santé-sécurité nationale de l’IFTH, un joli joujou de 900 000 euros soutenu par les collectivités et l’Europe.
« Nous ne sommes pas forcément mieux équipés que d’autres, résume Claudine Burgard, responsable du laboratoire d’analyses, mais notre spécialisation textile et notre connaissance des procédés nous font aller droit au but et analyser ce qui doit l’être ». Pas comme ce laboratoire, qui proposa un jour à un client de vérifier si tel module en plastique contenait… des pesticides.
Dans le collimateur du labo mulhousien ? Les acides azoïques (colorants), les phtalates (plastifiants), certains antifongiques (dimethyl fumarate), pour l’heure une quinzaine de polluants recensés par Reach. Quelque 250 substances toxiques, notamment cancérigènes, devraient rapidement les rejoindre. « En moyenne, résume DanielFues, entre 10 et 15 % des échantillons que nous analysons sont affectés ». Objectif de l’IFTH: travailler avec le corps médical pour recenser les allergies les moins évidentes et faire un lien éventuel avec des produits textiles.
Problème : interdire une substance suppose, pour le fabricant, de trouver une alternative. Pas si simple et, de toute façon coûteux.
Regret : pourtant en droit d’exiger du vendeur qu’il lui dise tout sur la composition du produit (dans les 45 jours), le particulier n’est pas client de la plate-forme. « Le prix d’une analyse est probablement décourageant, convient François Litty mais, c’est vrai, la logique Reach voudrait que le particulier puisse nous saisir s’il a un problème ». On y arrivera…

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Publié dans Santé

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